Construction d’un Hub Circuit Court à Liège

La transition vers un système alimentaire durable au bénéfice de toutes et tous est un enjeu stratégique pour la Wallonie. Deux hubs logistiques dédiés aux circuits courts ont été créés à Charleroi et à Liège pour répondre à la demande croissante de légumes frais, bio et locaux, déjà découpés, lavés et conditionnés pour les collectivités, l’HORECA ou les PME du secteur agro-alimentaire.

Le projet liégeois, inauguré le 12 novembre 2025 et exploité par Terra Alter depuis le 1er juillet, est situé dans le Marché Matinal à Bressoux-Droixhe et compte + de 3100 m². SPI a reçu la mission d’élaborer, construire, équiper et opérationnaliser un hub logistique à Liège, ainsi que la gestion de son exploitation sur 20 ans.

Cette mission financée par l’Europe dans le cadre du Plan National de Relance et de Résilience (PNRR) s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre pouvoirs publics locaux (Ville de Liège, SPI), régionaux (Gouvernement wallon, Wallonie Entreprendre) et acteurs économiques animés par la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise.

L’ambition de départ

L’objectif de circuit court a orienté dès le départ le choix de l’implantation au sein du Marché matinal de Liège, zone économique dédiée à l’alimentation et située en périphérie du centre-ville, toute proche des transports en commun (tram) et d’une piste cyclable.

Il était par ailleurs évident que le projet architectural devait rencontrer l’objectif de durabilité propre à cet outil territorial. Enfin, étant lié au PNRR, les clauses DNSH s’appliquent.

Le projet initial devait se réaliser au départ d’un bâtiment existant. L’auteur de projet devait étudier 2 scénarios : démolition totale ou réutilisation de l’existant, et produire des analyses comparatives afin d’aider à prendre la bonne décision d’un point de vue tant environnemental que budgétaire. Mais un changement d’implantation en 2023 a redirigé le projet vers une nouvelle construction à réaliser sur une parcelle de la Ville de Liège en bordure du marché matinal.

Au niveau des critères d’attribution, 40 points sur 100 étaient dédicacés à la durabilité/circularité, avec une note d’intention (modularité, adaptabilité, réversibilités technique et spatiale, gestion des déchets de chantier, performances et consommations énergétiques, choix des matériaux, entretien et maintenance faciles, etc.). Il devait également être tenu compte du coût du projet sur base d’un cycle de vie complet de l’ensemble, et BIM et TOTEM étaient imposés.

Un hub durable et circulaire

Le hub a été conçu pour que, tout au long de ses différentes phases (chantier, exploitation et fin de vie), il soit économe en ressources et en énergie, les déchets de chantier soient limités, ses coûts de maintenance et d’entretien optimalisés, et le déplacement des terres réduit au minimum, sans aucun déblai sortant du site et avec un équilibre parfait des terres, à l’exception d’un apport permettant la végétalisation du site.

Notons que les normes AFSCA et incendie, propres à la fonction de hall industriel alimentaire, ont généré des restrictions à la démarche durable et circulaire qui caractérise ce projet.

La structure du bâtiment a été réalisée en préfabriqué. La construction hors-site permet moins de déchets de fabrication et moins de nuisances à la mise en œuvre.  Le bâtiment a un volume compact et isolé, limitant ainsi les déperditions, les besoins en chaud/froid et l’usage de lumière artificielle. Par ailleurs, il est adaptable, modulaire et démontable afin de prolonger sa durée de vie et ainsi que celle des éléments qui le composent. L’infrastructure pourra évoluer avec les besoins de ses occupants et des fonctions qu’elle héberge.

Les principes constructifs et le choix des matériaux, dont l’impact environnemental a été étudié au travers de TOTEM, favorisent la réutilisation, ou à défaut le recyclage des éléments, au fur et à mesure des transformations, rénovations ou déconstructions propres à la vie du bâtiment. Les travaux ont été réalisés par une entreprise de la région qui possède sa propre centrale béton.

Les hubs alimentaires sont par nature énergivores (chambres froides), ce qui a un impact tant d’un point de vue environnemental que sur la viabilité économique des entreprises de transformation. C’est pourquoi l’accent a été mis sur le production énergétique, via la couverture par des panneaux photovoltaïques de la toiture principale ainsi qu’une partie de la façade. Une batterie externe a également été implantée pour permettre de stocker les énergies produites par les panneaux et les restituer à un moment plus important pour l’utilisation du bâtiment.

Les techniques spéciales ont été sélectionnées de manière à éviter les équipements non nécessaires, minimiser la consommation d’énergie et exclure les énergies fossiles :

  • Chauffage des bureaux via une pompe à chaleur
  • Ventilation par une centrale de traitement d’air équipée d’un récupérateur de chaleur à roue
  • Possibilité de récupérer l’eau chaude et de la stocker dans un boiler pour alimenter la cuisine professionnelle, cette technique permet d’obtenir une eau préchauffée pour les marmites de grandes quantités.
  • Eclairage optimalisé : sources naturelles favorisées, éclairage artificiel LED performant commandé par détecteur d’absence ou de mouvement selon les zones, programme horaire dans les locaux de passage, éclairage extérieur limité au strict minimum et via détection de présence.

L’eau de pluie récoltée au niveau des toitures permet l’alimentation des sanitaires et des robinets extérieurs pour le nettoyage des vélos cargos et l’entretien des abords. A l’exception des arbres à hautes tiges qui nécessiteront un arrosage, les plantations prévues sont indigènes et résistantes à la sécheresse. L’espace bureau est recouvert d’une toiture verte. Etant donné l’impossibilité de réaliser des noues (zone de captage sur un terrain dépollué), la citerne a été surdimensionnée de manière à pouvoir accueillir des pluies extrêmes.

Côté mobilité : parking vélo sécurisé, espace dédié à l’entretien et la réparation des vélos, bornes de recharges pour les véhicules électriques, parking voitures limité avec séparateur d’hydrocarbure pour limiter le risque de pollution.