La position de la SPI au sujet du Tram à Liège

Le tram est un enjeu stratégique, politique et économique non seulement pour le VAL BENOIT mais pour toute la zone concernée par le tracé !

Le tram n’est pas qu’un moyen de transport public.

Il constitue une solution structurelle pour répondre aux enjeux de mobilité de la quatrième ville du pays et de son agglomération.

Diverses études (plan communal et urbain de mobilité, plan vélo dans le cadre du Plan Wallonie cyclable, étude sur les transports structurants menée par la SRWT, …) et l’augmentation constante du nombre d’utilisateurs (doublement de la clientèle sur l’agglomération liégeoise de 2001 à 2011 de 48 à près de 100 millions de voyages/an) constatent que l’on doit adopter un mode de transport plus adapté que le bus.

C’est principalement prégnant sur le tronçon central (Guillemins - Saint-Lambert) qui compte plus de 40.000 voyageurs par jour. La demande reste forte jusque Sclessin et Coronmeuse et une liaison avec les villes d’Herstal (± 40.000 habitants) et de Seraing ((± 64.000 habitants) serait un atout complémentaire en termes d’accessibilité.

Le tram s’impose comme le meilleur moyen de transport en commun compte tenu des capacités nécessaires pour absorber un tel nombre de voyageurs dans des conditions optimales mais aussi compte tenu de ses vertus environnementales et de ses avantages structurants pour une ville.

D’autres avantages peuvent être cités comme le confort qu’il procure pour ses utilisateurs, l’image urbaine dynamique qu’il apporte et qui renforce l’attractivité, tant pour des habitants que des investisseurs ou encore pour le tourisme.

Par ailleurs, le tram constitue un élément de l’offre globale de transport en commun de l’agglomération liégeoise. Il est le maillon entre le bus qui permet d’aller chercher les personnes dans les quartiers, les modes doux (vélo, marche), le futur Réseau Express Liégeois et le train. Dans une perspective plus longue, certaines idées circulent autour de projets de téléphériques reliant l’esplanade Saint-Léonard à l’hôpital de la Citadelle puis le parking-relais de Vottem ou le Val-Benoit au Sart-Tilman et qui seraient connectés au tram.

Notons encore que plusieurs lignes de tram de longueur comparable au projet liégeois (11km) sont actuellement en service en France : Angers, Brest, Le Havre, Marseille, Nancy, Nice, Saint‑ Étienne, Reims et, bien entendu, Bordeaux.

Jean-Marie Guidez, expert en mobilité urbaine au Cerema (établissement public dépendant de l’administration française et des collectivités locales), constatait en 2003 dans un article faisant la synthèse de plusieurs études de mobilité que « la mobilité en transports collectifs ne croît que dans les villes ayant investi dans des tramways ou des métros. ».

Plus récemment, lors d’un colloque à Avignon sur le sujet, 8 agglomérations françaises témoignaient que « le tramway insuffle une nouvelle dynamique territoriale. C’est un outil d’urbanisme, autant qu’un mode de transports. » et, entre autres conclusions de celui-ci, « il n’y a pas une solution unique qui serait le tramway mais une nécessité qui s’impose à nous d’agir sur tous les modes en même temps – tramway, bus, modes doux, ferroviaire, voiture – en créant un maximum de connections entre ces différents modes pour favoriser l’intermodalité. Le tramway est incontestablement la colonne vertébrale la plus efficace pour supporter un réseau global performant et intelligent de transports collectifs dans un espace urbain. ».

Le tracé actuel du tram va impacter une série de pôles majeurs accessibles au public (carte en annexe) qu’il s’agisse des administrations, gares, musées, espaces des commerces,…

Pour ce qui concerne la SPI, des projets, bâtiments ou terrains sont directement concernés par le tram : le Val Benoit, la Design Station, la rue d’entreprises Pieper (rue de la Cablerie) ou, à proximité de son tracé, les Espaces Entreprises Vertbois et Vivegnis.

La réalisation de cette infrastructure est d’autant plus importante pour la SPI que l’organisation de la mobilité au Val Benoit est axée sur sa présence : diminution du trafic automobile, limitation du nombre d’emplacements de parcage, développement des voies lentes, entrées piétonnes, parking vélos,…La philosophie du projet est construite sur une nouvelle mobilité qui ne pourra se développer qu’avec un transport en commun performant.

Si le tram ne se réalisait pas, la SPI devrait revoir complètement les plans d’aménagement des abords Sud et Ouest du site du Val Benoit et réintroduire des demandes de permis alors que le marché des travaux va être bientôt attribué ce qui entraînerait inévitablement des retards et surcoûts.

D’autres projets à vocation économique sont concernés comme le business center du Standard, le site Chimeuse, le quartier des Guillemins et la gare de Bressoux ainsi que les projets liés à l’extension du tracé vers Jemeppe et Herstal : tels que les terrains libérés par Arcelor ou le site des ACEC et de la gare de Herstal.

Et pour paraphraser le collectif Ardemment Tram et s’inscrire aux côtés de la Province de Liège et de sa motion « Vers une mobilité intégrée et durable à l’échelle de la province de Liège », rappelons que le tram structure une ville, dessine les quartiers qu’il traverse, détermine l’agglomération qu’il connecte.

Il permet d’absorber la croissance d’usagers des lignes du centre-ville déjà surchargées.

Il offre une solution de mobilité durable en structurant la ville et les connections péri‑urbaines.

Il permet le déploiement des nouveaux projets économiques et culturels et demain la rénovation urbaine.

Outil de service public, il contribuera à une mobilité de qualité pour tous les usagers.

Le tram est une opportunité pour rééquilibrer la place de l’ensemble des moyens de déplacement et notamment pour soutenir la mobilité douce.

Liège a ardemment besoin du tram. Et résolument un tram de service public !

Consultez la carte réalisée par la SPI