Herstal – zoning des Hauts-Sarts: Découverte d’une station routière le long de la voie romaine menant de Tongres à la Meuse

Le Service de l’Archéologie de la Direction extérieure de Liège 1 (SPW/DGO4) a mené une fouille archéologique sur une parcelle située avenue du Parc Industriel, dans le zoning 3 des Hauts Sarts à Herstal (parc. cad. 6e Div., Sect. A, n° 559E2 ; coord. Lambert : 235256 est/153389 nord) entre janvier et juillet 2015.

La surface fouillée de 1.3 ha a révélé l’existence d’une petite station routière gallo-romaine distante de 13 km de Tongres. Cette installation est liée à un ancien tronçon de la chaussée Brunehaut, épousant celui d’une voie antique. Cette voie permettait de rejoindre la Meuse en partant de la ville de Tongres, capitale de cité. Ce relais routier constitue une étape idéalement située pour permettre aux voyageurs de faire une halte avant ou après la traversée du fleuve et d’atteindre en rive droite l’agglomération de Jupille-sur-Meuse.

L’espace exploré englobe un bâtiment muni d’une cave soigneusement maçonnée, décorée de deux niches et munie d’un soupirail. Une palissade et un fossé séparent de cette construction, un petit ensemble thermal qui est malheureusement très arasé ; ces bains publics constituaient une commodité très appréciable pour les voyageurs. D’autres bâtiments sur poteaux de bois sont établis à distance variable de la chaussée ; leurs fonctions pourraient être associées aux services routiers tels qu’une écurie, une remise pour véhicule, un lieu de stockage des produits transportés ou une auberge. Les traces d’occupation aux alentours témoignent d’autres activités liées à la station : des structures de stockage de type silo, des fosses comblées de résidus de travail de forge en relation avec les travaux de réparation d’objets en fer, de petits foyers culinaires isolés, et également une série de fours disposés en batterie, dont l’usage doit encore être précisé. Le site est circonscrit au sud-est par un fossé.

En outre, des mines d’extraction de la craie ont été mises au jour, il s’agit de larges fosses très profondes réparties sur l’ensemble du terrain. Le fond de l’une d’elle fut atteint au moyen de forages mécaniques à 13.4 m. de profondeur.

La chronologie de l’essentiel de ces installations couvre les 2e et 3e siècles apr. J.-C., mais l’occupation du site s’est prolongée jusqu’au 4e siècle après J.-C (d’après le matériel archéologique ; les datations radiométriques sont attendues).

L’évaluation archéologique d’une parcelle située à l’arrière du secteur évoqué ci-dessus s’est terminée en août 2015. Elle s’est révélée négative ; ce qui signifie la fin des opérations archéologiques dans cette partie de la zone d’activités économiques des Hauts-Sarts.

Les recherches, menées dans des conditions difficiles et contraignantes, ont pu aboutir dans des délais conformes aux desideratas de l’acquéreur, grâce à la concertation permanente entre la SPI et le SPW/DGO4.


Auteurs
 : Sophie de Bernardy de Sigoyer, Jean Philippe Marchal, Catherine Coquelet, Claire Goffioul.